Actualité & Biographie - Guillermo del'Toro
Publié le 19/10/2009 à 17:05 par bprd
Horreur, on s'absente quelques temps à cause d'un emploi du temps ultra-chargé et voilà-t-il pas que le premier roman de la trilogie
The Strain de
Guillermo del'Toro et
Chuck Hogan est édité en France ! Que de retard accumulé sur ce blog...
Je m'en vais donc réparé cette énrome erreur professionnelle en vous dévoilant tout ce qu'il faut savoir sur cet ouvrage qui, à n'en pas douter, deviendra trés trés vite un best-seller. Plusieurs années avant que la mode du vampire post
Twilight pour p'tites minettes prépubères ne débarque,
Guillermo del'Toro imagina et façonna seul une trilogie basée sur le thème du vampire. Ce projet vit le jour dans la tête du réalisateur lors du tournage de
Blade 2, véritable retour aux sources pour le mythe du vampire qui fut longtemps réduit au simple statut d'objet érotique, dont le seul et unique but dans la vie est de planter ses canines dans le cou de la jeune fille pure et vierge du village . Le temps passe, les films s'accumulent et les clichés persistent...
Bref, vous l'aurez compris,
del'Toro déteste cette vision romantico-érotique du plus célèbre des monstres du studio
Universal -
il fût même un temps, pas si loingtain, où un crossover entre Hellboy et Dracula était prévu par le célèbre studio- et prétend, avec cette trilogie horrifique, redonner ses lettres de noblesse à ces créatures de la nuit. J'en veux pour preuve cette interview du réalisateur de
Hellboy trouvé sur le site de l'éditeur français dans laquelle il nous présente le pourquoi du comment de son dernier bébé. Et comme d'habitude, écouter
GDT est un véritable plaisir :
L’accroche de La Lignée :
"Tapis dans l’ombre, les vampires sont là depuis toujours, à attendre. Leur heure est à présent venue. Dans une semaine, Manhattan aura disparu. Dans trois mois, les Etats-Unis auront été rayés de la carte. Dans six mois, notre monde ne sera plus qu’un vieux souvenir…"
Le synopsis de La Lignée :
"
La Lignée (
The Strain en version originale) place son action en
2010, quand un Boeing 777 venant d'Allemagne se pose à New York. Peu après son atterrissage, toutes les lumières de l'avion s'éteignent et plus personne ne peut communiquer avec l'équipage. Quand on parvient finalement à entrer, les 300 personnes ayant embarqués sont mortes, exceptées quatre voyageurs. Les survivants, conduits à l'hôpital, finissent par disparaître.
Au même instant, le milliardaire
Eldritch Palmer vole vers New York pour accomplir une mystérieuse mission. Un vieil homme, survivant de l'Holocauste, découvre que le moment qu'il a attendu depuis 70 ans est enfin arrivé. Un très ancien poudrier a été brisé et une malédiction ancestrale s'est abattue sur New York. Si elle n'est pas stoppée, la malédiction détruira la ville en une semaine et les Etats-Unis en trois mois..."
Ecrit en collaboration avec l'écrivain
Chuck Hogan (Face à Face aux éditions Albin Michel et Le Prince des Braqueurs aux éditions Seuil) et disponible depuis le
17 Septembre 2009 aux éditions
Presse De La Cité pour la modique somme de
21,50€, ce roman de plus de
400 pages suit l'évolution de cette race à travers les âges jusqu'à notre époque et de lui découvrir un autre visage, bien plus proche des origines du mythe (N'oublions pas qu'il est déjà question de vampires dans l'Ancien Testament). N'ayant pas encore pu me procurer un exemplaire de ce premier tome, je n'irai donc pas m'avancer sur le terrain glissant qu'est la critique littéraire, mais je compte bien le faire dès que j'aurai dévorer le dernier bébé de notre réalisateur mexicain.
En revanche, je m'étalerai bien sur la campagne publicitaire assez hallucinante qu'à connu ce livre. C'est tout simplement du jamais vu ! Nous avons tout simplement droit à des bandes-annonces lives réalisées spécialement pour l'occasion par
Francisco Ruiz Velasco himself et avec
Roy "Roi Balor" Dotrice en guest star. La team
Hellboy 2 s'est donc chargée de mettre en images l'univers imaginer par
del'Toro et autant le dire de suite, c'est plus que réussi. Je vous raconte pas la tête que j'avais lorsque j'ai vu les images bande-annonce cinéma lorsque je l'ai vu sur l'écran de la salle 10 de l'UGC des Halles, vous savez, la salle où eu lieu l'avant première de
Hellboy 2 avec
GDT en invité. Que de souvenirs...
La promo de ce premier tome continue également sur la toile avec un site officiel et différentes pages web tels que
MySpace,
Twitter et
Facebook dédiées à l'univers viral du livre. Quand
del'Toro écrit un livre, les éditeurs voient tout de suite les choses en grand, en trés trés grand même. Pas trés équitable envers les
vrais auteurs tout de même, mais bon, c'est une autre histoire et un autre débat qui n'à pas trop sa place dans cet article.
Avant de vous laisser dévorer ses quelques trailers, si il y en a parmi vous qui ont lu le livre, qu'ils n'hésitent surtout pas à laisser un avis dans les commentaires. Bon visionnage à tous et surtout :
Bonne lecture !
Bande-annonce cinéma :
Trailer #1 :
Trailer #2 :
Trailer #3 :
Tous les liens pour se documenter sur La Lignée :
Page Facebook :
http://www.facebook.com/home.php?#/pages/La-Lignee/108051855131?ref=nf
Page MySpace:
http://www.myspace.com/471723480
Page Twitter:
http://twitter.com/LaLignee
Site officiel :
http://www.lalignee.fr/
Publié le 06/03/2009 à 12:00 par bprd
Splice, prochaine production de
Guillermo del'Toro, plongera le pauvre spectateur ayant eu la malchance de s'aventurer dans l'une des salles obscures projetant ce film dans les méandres de l'horreur et du gore. En tout cas, c'est ce que semble confirmer les premières photos du prochain film de
Vincenzo Natali, l'un des deux réalisateurs du premier
Cube, qui nous racontera l'histoire d'un couple de scientifiques un peu dingues ayant décidé de mélanger les gènes d'un être humain avec ceux d'un animal. Mais bien sûr, tout ne se passera pas comme prévu...Et heureusement d'ailleurs !
Notre réalisateur mexicain sera accompagné dans rôle de producteur par les acteurs
Adrien Brody et
Sarah Polley qui, comme vous avez toujours pu le voir sur les photos, partageront également le rôle du couple de scientifiques un peu givrés. Que du bonheur en somme, du bonheur que j'attends d'ores et déjà avec une certaine impatience non dissimulée.
Voici le synopsis officiel du film :
Le film accompagnera le quotidien de
Elsa et
Clive, deux jeunes scientifiques rebelles, défiant l'éthique et la légalité imposés par la science avec une dangereuse expérience : combiner ensemble des gènes humains et animales afin de créer un tout nouvel organisme. Appellée
Dren, cette créature diforme mutera en une magnifique mais dangereuse chimère qui saura trés vite créer des liens etroits avec ses deux créateurs...Mais certains liens, aussi forts soient-ils, peuvent devenir mortel.
Le scénario de Splice fut écrit par
Vincenzo Natali,
Antoinette Terry Bryant et
Doug Taylor.
Publié le 27/02/2009 à 12:00 par bprd
Guillermo Del Toro, qui aime voir gros, tente de regarder plus loin que le bout de son Hobbit ! En pleine préparation des aventures de
Bilbo Baggins, le voilà qui nous parle du
Comte de Monte-Christo ! Sauf que monsieur ne se contenterait pas de l'oeuvre d'
Alexandre Dumas. Non, il se pencherait plutôt sur une version façon western gothique écrite par lui-même en collaboration avec
Matthew Robbins (
non-crédité pour son travail sur THX 1138 de Lucas et sur Rencontres du troisième type de Spielberg) et Kitt Carson, entre
1993 et
1998.
"
J'en ai écrit une bonne partie au moment du kidnapping de mon père", explique
del'Toro dont le père a été enlevé en 1997 et gardé en otage pendant 72 jours jusqu'à ce la famille paye une rançon.
On ne sait pas trop ce que peut donner la version du père du
Labyrinthe de Pan, mais voici rapidement ce qu'il en est de celle de
Dumas :
Début du XIXème, sous le règne de Louis XVIII, Edmond Dantès est un marin accusé à tort de bonapartisme et enfermé pendant dix ans sur l'île d'If. Il réussit à s'échapper et s'empare du trésor de l'île de Monte-Christo. Devenu riche, il entame alors sa vengeance sous le titre de Comte de Monte-Christo.
A part
del'Toro, personne ne parle encore de ce projet mais le cinéaste a l'air d'y être accroché et on peut s'attendre à avoir des nouvelles d'un comte de
Monte-Christo nouvelle version peu après avoir découvert les deux Hobbits.
Source : DVDRama
Publié le 01/12/2008 à 12:00 par bprd
Quand il aura terminé de travailler sur
The hobbit,
Guillermo del'Toro ne prendra pas de vacances : il s'attèlera aussitôt à un projet d'adaptation de
Sacrées Sorcières, le charmant livre de
Roald Dahl. Un temps pressenti pour réaliser le film,
Alfonso Cuaron se contentera finalement de le produire, considérant Del Toro comme le plus à même de réussir un tel film : «
Guillermo a écrit un scénario hallucinant et à une vitesse incroyable. Il a ça en lui. »
Déjà adapté au cinéma par
Nicolas Roeg en 1990,
Sacrées sorcières devrait cette fois donner lieu à un film complètement différent, puisque
del'Toro envisage de le réaliser entièrement en stop-motion animation. Les fans de
Roald Dahl vont devoir être très patients...
Publié le 14/11/2008 à 12:00 par bprd
Guillermo del'Toro a décidemment été des plus loquaces lors de la fête donnée pour la sortie en Blu-Ray de
Hellboy 2, puisqu'il a évoqué comme à son habitude sa participation à un nouveau projet. Comme pour
Splice et
Hater, il sera ainsi producteur sur une nouvelle version de
Pinocchio, le classique de la littérature enfantine de
Carlo Collodi. La particularité de celle-ci étant qu'elle sera en animation stop-motion (
"en pâte à modeler" pour le profane) et se basera sur les illustrations de
Gris Grimly, artiste au style visuel des plus exquis et qui semble-t-il devrait réaliser la chose.
"
Nous essayons actuellement de mettre en chantier une version stop-motion du Pinocchio de Gris Grimly, avec le studio Jim Henson. L'idée vient de Gris, et tout le monde adore son approche du livre. L'histoire originale était déjà plus perverse que ce que l'on connaît, plus effrayante et même avec une pointe de semi-nécrophilie dans certains de ses aspects. Gris a très bien compris cela car c'est dans la veine de sa sensibilité. Nous essayons donc de lancer le film, et nous travaillons pour le moment sur le scénario. Alors il est sûr que ce ne sera pas sur les écrans pour tout de suite, parce que même si nous commençions le tournage demain cela réclamerait encore trois années de labeur, mais nous travaillons dessus".
Alors, on ne sait pas pour vous, mais l'association de
Guillermo del'Toro avec le studio
Jim Henson et l'artiste
Gris Grimly a quelque chose de sacrément excitant, qui réserve de très bonnes choses pour ce
Pinocchio que l'on attendra patiemment, comme de vrais petits enfants bien sages !
Source : DVDRama
Publié le 13/11/2008 à 12:00 par bprd
Retrouvez ci-dessous une série d'interviews de l'équipe responsable du film
Hellboy 2, à savoir : Ron Perlman, Selma Blair, Doug Jones et le trés grand Guillermo del'Toro. Enjoyez-vous bien :
Publié le 13/11/2008 à 12:00 par bprd
C'est tout récemment que
Guillermo del'Toro a confié ses précisions sur sa vision de cette adaptation, mais on devrait devoir attendre finalement plus longtemps que prévu pour la découvrir...
Evoquant une nouvelle fois de grands classiques comme
The Exorcist,
Alien,
Les Dents de la mer, ou bien
The Shining, c'est bien ce type de références qui sied au réalisateur mexicain. Mais quant à l'adaptation elle-même... «
Ce n'est pas difficile d'être fidèle à Lovecraft parce que ce qui est génial à propos du roman, c'est qu'il s'agit d'une compilation d'annotations scientifiques très pointues, qui subitement étudie quelque chose de véritablement effrayant. Il n'y a pas de personnage ou de dimension dramatique », insiste-t-il. «
Vous prenez ces documents et ensuite vous créez une histoire, alors que si vous étiez fidèle au roman de façon rigide, vous vous retrouveriez à faire un documentaire National Geographic sur une équipe d'exploration disparue. »
Del Toro se dit également très satisfait de son script, et notamment de sa fin, même si certains préfèreraient sans doute que celle-ci soit moins sombre...
Projet annoncé de longue date et particulièrement cher au coeur de
Guillermo del Toro, il est bien évident qu'il ne se lancera pas tout de suite dans ce tournage, les choses semblent néanmoins avoir enfin avancé de ce côté-ci. "
Une part de notre arrangement avec Universal -en plus d'une option déposée jusqu'en 2017- stipule qu'en attendant ils doivent financer la recherche et le développement de Les Montagnes hallucinées, pour mettre au point la batterie d'effets spéciaux qui lui seront nécessaires.".
Quelques nouvelles informations sur les deux films que Mr
del'Toro produit actuellement, à savoir
Splice et
Hater. Commençons par le plus avancé, celui de
Vincenzo Natali sur les horreurs et erreurs de la génétique. "
Je me suis embarqué dans ce projet parce que j'adore Vincenzo. Quand j'ai commencé à lire le script, j'ai trouvé que c'était un regard vraiment unique sur les monstres. [...] La sexualité est un des nombreux aspects de cela. Moralement, ce n'est pas humain. Les choix de la créature n'ont aucune corrélation avec les choix que feraient des humains normaux. C'est comme un chat : vous avez beau le trouver mignon, s'il le veut il pourra toujours s'en prendre à vous et vous griffer le visage. C'est pareil avec la créature. Vincenzo est en train de nous concocter un truc vraiment malin."
Pour finir,
Hater, autre production de
del Toro pour laquelle il retrouvera le réalisateur de
L'Orphelinat,
Juan Antonio Bayona. L'histoire d'une flambée soudaine et inexplicable de la violence des gens les uns envers les autres, une intrigue que nous avons vu récemment dans plusieurs films mais qui devrait prendre ici une direction un brin différente. "
Ce n'est pas une infection virale, une pandémie, mais plutôt une situation de maladie de la société. Cette capacité que nous avons de pouvoir nous déchaîner violemment contre quelqu'un en quelques secondes. C'est cette épidémie sociale qui m'a attiré, ce n'est pas un film de zombie. Les gens qui y tue peuvent réfléchir et comprendre ce qu'ils font, et c'est ce qui rend l'histoire si effrayante".
Publié le 12/11/2008 à 12:00 par bprd
Si la fonction inédite du
Blu-ray,
BD-Live, n'offre que peu d'intérêt mise à part quelques rares exceptions, les possesseurs de l'édition américaine dantesque de
Hellboy II les légions d'or maudites vont avoir l'agréable surprise de pouvoir assister à une sorte de visio-conférence en direct du réalisateur du film,
Guillermo Del Toro.
Le
dimanche 23 novembre prochain à
18h (
heure de Los Angeles - 3h du matin pour Paris), le réalisateur mexicain répondra aux questions posées préalablement par les fans sur le site
www.universalhidef.com où il faudra vous créer un compte et ensuite poser 3 questions. Outre les réponses aux questions des fans,
Del Toro reviendra sur les coulisses de la production du film et qui sait, peut-être en dira-t-il plus sur ses projets. Les fans sont prévenus, il ne vous reste plus qu'à vous inscrire. Saluons l'initiative d'Universal qui si elle s'avère efficace, inspirera d'autres studios et donnera là un fort potentiel à la fonction
BD-Live.
Publié le 03/11/2008 à 12:00 par bprd
Avez-vous toujours eu le projet de présenter plus d’éléments issus des mythes et du folklore dans le second Hellboy, ou ce changement d’univers est-il dû au fait que vous écriviez Le Labyrinthe de Pan au même moment ? L’un a-t’il déteint sur l’autre ?
Non. Quand j’étais adolescent, j’ai lu les essais de Bruno Bettleheim (
La psychanalyse des contes de fées, publié aux éditions Robert Laffont), mais à cette époque, j’avais déjà lu les livres des Frères Grimm, de Hans Christian Andersen, ainsi que ceux d’Oscar Wilde, comme Le portrait de Dorian Gray. J’ai commencé à amasser des recueils de légendes du monde entier. Je possédais notamment deux collections de livres superbes, éditées en Espagne et en Argentine, mais à ce moment-là, je n’imaginais pas transposer des contes au cinéma. J’ai toujours pensé qu’une fois devenu adulte, je réaliserais des films d’horreur ou des thrillers policiers. Je n’avais pas d’attirance particulière pour le fantastique en tant que genre cinématographique et je n’ai pas changé aujourd’hui. Je suis surtout attiré par les contes de fées, ce qui est une partie très spécifique de la Fantasy, et je dois avouer que quand nous avons commencé à travailler sur le film, nous avions l’intention d’aller dans une toute autre direction…
Vraiment ? Pouvez-vous nous dire laquelle ?
Mike Mignola et moi avions présenté ce premier projet à Revolution. En deux mots, l’idée était que quelqu’un essayait de réveiller les quatre titans cachés aux quatre points cardinaux de la planète : le Feu, l’Eau, le Vent et la Terre. Après avoir réfléchi plus longtemps à ce concept, je me suis rendu compte que mes personnages allaient passer beaucoup de temps à voyager en avion, à se déplacer, et je me suis dit que ce n’était pas une bonne chose. Que ce serait lent et répétitif. J’ai appelé Mike sur le chemin du retour, depuis ma voiture, entre l’aquarium de Long Beach et ma maison. Et c’est ainsi que nous avons tout changé et commencé à jeter les bases de la nouvelle histoire qui est devenue celle de Hellboy 2.
Est-ce que certains de vos nouveaux personnages sont inspirés des archétypes des contes de fées ?
Je suis convaincu que la Fantasy est souvent mal considérée, qu’elle détonne lorsqu’on la confronte à notre réalité banale et aux aspects les plus obscènes de la vie moderne. Les gens disent souvent que les contes de fées ou que certaines formes d’art sont enfantines, futiles, et les considèrent comme une pure perte de temps. Mais bien souvent, les mêmes personnes sont obsédées par la politique, la religion et les fantasmes de réussite financière et de richesse, qui sont à mon humble avis, des pertes de temps bien pires, fondées sur des croyances largement plus douteuses ! (rires) Je crois que les partis politiques, les religions organisées et les doctrines économiques sont des contes de fées beaucoup plus ridicules que les histoires fantastiques et les légendes traditionnelles. Ils constituent une perte de temps bien plus néfaste, car ils rongent l’âme. C’est une des idées que j’ai exprimées dans Le Labyrinthe de Pan, que l’on retrouve dans Hellboy 2, et qui réapparaît sans doute dans tous mes films.
Après le formidable accueil réservé au Labyrinthe de Pan, vous auriez pu faire tout ce que vous vouliez. Qu’est-ce qui vous a poussé à réaliser plutôt la suite de Hellboy ?
C’est comme cela que se déroule une carrière… Des choses que vous ne contrôlez pas se passent soudain alors que vous êtes en train d’échafauder d’autres plans. Mais je crois que si j’avais eu tout l’argent et toute la liberté du monde – ce dont je ne dispose toujours pas, même après le Labyrinthe de Pan – je me serais immédiatement attelé à Hellboy 2. Mais le cinéma, c’est un métier à risque. Il arrive que les gens que vous rencontrez ne comprennent pas un projet, ou que les décideurs financiers n’accrochent pas à vos idées. En revanche, les gens créatifs comprennent tout de suite. C’est comme ça que les choses se font ou pas. C’était déjà ainsi que le premier Hellboy a pu se faire. Ma plus grande frustration, qui ne me quittera jamais, c’est que nous n’avons pas pu tourner le premier Hellboy au moment où nous l’avons écrit, c’est à dire en 1998. Si le projet avait abouti à ce moment-là, comme nous le souhaitions, le film serait sorti avant Spider-Man, X-Men et Matrix ! En sortant en 2004, il a été perçu par une partie du public comme «
un film de superhéros de plus »…
Diriez-vous que l’atmosphère de Hellboy 2 est très différente de celle du premier opus ?
Je dirais plutôt qu’il y a une continuité, même si on délaisse un peu le monde de l’occulte pour aller vers la Fantasy et les contes de fées. Je crois que le thème principal des deux Hellboy est la notion de choix personnel, qui compte beaucoup pour moi, et qui continue à être au cœur de la saga de ce personnage.
Vous avez assemblé une galerie de créatures assez hallucinantes dans ce nouvel épisode…
Nous avons voulu pousser plus loin encore les éléments du design du premier film, et aller davantage dans le sens d’un film de BD, ou de scènes d’action qui ressemblent vraiment à celles d’une planche de comics. J’avais le sentiment que l’on pouvait accentuer encore les concepts des créatures, les imaginer plus librement, tenter des formes presque surréalistes. Je ne dirais pas que nous nous sommes permis tous les délires, mais c’est vrai que nous avons créé des personnages plus fantasques, plus amusants.
Après le succès que vous avez remporté depuis le premier film, vous accorde-t’on désormais plus de liberté quand vous développez une histoire et de nouveaux personnages ?
Pour moi, Hellboy 2 est un film énorme, qui dispose d’un bon budget. Chaque fois que je me lance dans un nouveau projet, j’ai toujours l’impression qu’il s’agit d’une superproduction titanesque, et à chaque fois, au bout d’un moment, je me rends compte que je le tourne avec à peu près le tiers du budget des vraies superproductions du moment ! (rires) Pour répondre plus précisément à votre question, pour Hellboy 2 comme dans le cas du premier film, j’ai préféré avoir un salaire de réalisateur raisonnable, et disposer d’un budget correct, pour avoir la possibilité de faire exactement le film que j’imaginais. Le degré de liberté qu’on vous laisse est toujours inversement proportionnel à la quantité d’argent qu’un studio vous donne ! (rires)
D’où vous est venu l’idée du personnage du Prince Nuada, qui est un méchant vraiment intéressant…
De l’un des cycles de la mythologie Celte, mais les noms sont les seuls emprunts directs à ces histoires. Les relations entre les personnages sont complètement différentes. Dans la saga du Roi Balor, de « celui qui le mauvais œil » et du Prince Nuada, les deux personnages de Balor et de Nuada ont des mains d’argent. Seuls les noms sont les mêmes dans le film. Le nom du royaume de Morag vient de Lord Dunsany. (
NDLR : Lord Dunsany (1878-1957) était un écrivain irlandais qui inventa une nouvelle mythologie dans des romans de Fantasy comme The Gods of Pegana (1905) et The Man who ate the Phoenix (1947). Son roman le plus connu est The King of Elfland's Daughter (1924 ) traduit en français sous le titre de La fille du roi des elfes.)
Y a t’il un élément de ces mythologies qui vous attire plus particulièrement ?
Oui, l’idée que la Fantasy n’est pas un genre « politiquement correct », aseptisé, propret. Dans le Labyrinthe de Pan, les elfes et les fées sont assez étranges, et potentiellement dangereux. D’habitude, les elfes sont sublimes. Ils sont beaux et ont de belles dents blanches. Dans Hellboy 2, ils sont plutôt vilains. Les fées de dents (
NDLR : en anglais « Tooth Fairy », qui signifie « Fée des dents », est l’équivalent de ce que nous appelons « la petite souris » : c’est une petite créature qui vient récupérer les dents des enfants sous leurs oreillers et leur laisse une pièce en échange) que l’on voit dans le film sont des petits monstres épouvantables. Tout l’univers des créatures surnaturelles du film est usé, gris, poisseux, sale, et sent mauvais. J’aime ça ! J’aime l’idée que la Fantasy ne nous présente pas un monde étincelant à la Disney !
Et la Fantasy du Seigneur des Anneaux ?
Même la Fantasy du Seigneur des Anneaux n’allait pas tout à fait dans cette direction. J’ai apprécié le fait que Peter Jackson prenne le soin de donner une apparence usée, patinée , aux décors et aux accessoires de ses films. Mais avouons-le, la description des combats donnait plutôt une image idéalisée et héroïque de la guerre ! Pour représenter les elfes et les créatures dans Hellboy 2, nous avons voulu nous éloigner des influences celtiques très présentes dans l’univers de Tolkien, ou dans les travaux d’Arthur Rackam et de Brian Froud qui m’inspirent habituellement. J’ai essayé de puiser davantage dans les styles de l’orient. Les formes des architectures que nous employons sont islamiques, les ornementations japonisantes, et les teintes proches de celles de l’Inde. De cette manière, quand une créature surgit, vous ne voyez pas un orc avec un casque à pointe et une armure de cuir. Nous essayons de nous éloigner de cela.
Pourquoi réutilisez-vous le motif de la roue dans tous vos films ? Ici, il apparaît notamment sous la forme d’engrenages géants…
Je crois que certaines des choses que je crée sont spontanément symboliques. Elles me viennent naturellement, parce que c’est ce que j’aime faire. J’aime filmer des choses en gestation, des roues, des insectes, des êtres étranges conservés dans des bocaux de formol. Ce sont des images qui provoquent certaines sensations que j’apprécie. J’essaie de les intégrer à un univers. Dans certains films, je leur donne des couleurs et des formes qui contribuent à l’histoire. Je suis très sensible aux choses qui évoquent l’éternité. Les formes ovoïdes, les œufs, les cercles, les lignes concentriques, etc. Toutes ces images représentent des thèmes fascinants, mais plus on les montre ostensiblement, plus on les explique, et plus elles deviennent dérisoires. Quand elles sont placées judicieusement, elles deviennent cohérentes, mais dès que vous en parlez, elles perdent de leur puissance.
Quelle est la différence majeure entre le premier Hellboy et le second ?
Je crois qu’il y a beaucoup de différences. Quand vous établissez des règles pour imaginer un premier épisode, vous créez un manuel qui explique le fonctionnement des choses, les pouvoirs des personnages, les points importants de l’intrigue. C’est assez fastidieux de construire tout ça, parce que vous devez consacrer les deux tiers de vos dialogues à expliquer aux spectateurs comment tout fonctionne. Le second film est plus amusant. C’est ce que j’ai découvert en réalisant Blade 2 : tout était déjà en place, et je n’avais pas à expliquer l’histoire depuis le début. Nous avons intégré un bref résumé au générique d’ouverture, et ensuite, j’étais libre de faire ce que je voulais. J’ai éprouvé le même plaisir en tournant Hellboy 2, puisque les spectateurs connaissaient déjà cet univers. J’ai pu m’offrir le plaisir de montrer Abe et Hellboy bavarder de tout et de rien, parce qu’ils sont tous les deux un peu tristes. On les voit même se disputer pour rire au sujet de la taille de leurs chaussures ou de celles de leurs reins. Je pouvais me permettre de filmer ça parce que ce sont des amis qui s’amusent à se vanter et à dire des bêtises parce qu’ils ont trop bu. Dans le premier film, on n’aurait jamais pu intégrer une scène comme celle-là. Mais une fois qu’un univers est posé et ses personnages connus, vous pouvez vous permettre de faire des choses un peu plus folles dans le second épisode.
PS : Un grand merci au webmaster du site effets-speciaux.info pour son aimable autorisation de reprendre cette interview.
Publié le 13/10/2008 à 12:00 par bprd
En peinture, en musique ou en littérature, le
Motif est une forme qui fait l'objet de reprises ou de répétitions et qui contribue à la cohérence d'une oeuvre. L'oeuvre de
Guillermo del'Toro est elle aussi traversée de motifs qui se répondent d'un film à l'autre et témoignent de certaines obsessions propres à l'artiste. En voici quelques uns.
Engrenages :
«
Je crois que l'univers est comme une grande horloge. Et que nous sommes les engrenages de cette horloge. Il faut que certains crans tournent vers la gauche pour que d'autres aillent vers la droite et fassent fonctionner le tout. Et chacun d'entre nous possède un rôle très précis dans cette grande horloge qui se rénove sans cesse. C'est une horloge formée de chacun d'entre nous. » C'est ainsi que
del'Toro nous révélait il y a deux ans sa cosmogonie, en partie héritée d'un vision «
Zen » de l'univers.
Les mécanismes d'horlogerie sont apparus dans son oeuvre dès son premier film,
Cronos, où le héros
Jésus Gris découvrait une sorte de petite horloge dorée aux formes insectoïdes, capable de prolonger sa vie. A l'époque,
Guillermo fit construire une version géante de l'intérieur du
Cronos, afin que sa caméra puisse librement filmer les engrenages en mouvement, et l'insecte gluant qui fait «
vivre » ce système. Le motif de l'engrenage est également au coeur du design de
Kroenen, officier SS aux ordres de
Raspoutine dans le premier
Hellboy. Véritable mort-vivant,
Kroenen possède à la place du coeur une horloge complexe remplie de sable, qu'il remonte afin de se redonner vie. Enfin, dans Le
Labyrinthe de Pan, le capitaine
Vidal est obsédé par la montre que lui a légué son père, qu'il nettoie et remonte inlassablement comme si sa vie en dépendait.
Jésus Gris,
Kroenen et
Vidal ont en commun une obsession de la mort qui les pousse à vouloir stopper le temps. Tels des vampires, leur souhait d'immortalité est en réalité le souhait d'être «
figés ». Ce faisant, ils sont à l'exacte opposé de la grande horloge en mouvement perpétuel dont
del'Toro nous parle plus haut.
Labyrinthe :
Bien que la langue française n'utilise qu'un seul mot pour le définir, il existe deux formes bien distinctes de labyrinthe : celui qui est conçu pour que l'on s'y perde
(« the maze ») et celui qui est conçu de façon à mener obligatoirement au centre, mais au prix de longs détours
(« the labyrinth »). C'est la deuxième catégorie qui intéresse
Guillermo del'Toro. Symbole multimillénaire de l'accomplissement intérieur, le labyrinthe permet à l'individu de rejoindre le coeur de son être, au prix de patience et de volonté, un coeur qui le mènera dans une dimension inconnue. C'est au coeur du
labyrinthe de Pan qu'
Ofelia deviendra la princesse qu'elle a toujours été potentiellement. Dans
Hellboy, c'est aussi sur un dessin de labyrinthe qu'
Ilsa sacrifie son guide pour que le sang de ce dernier ramène
Raspoutine de la dimension où il s'était perdu. Les monstres de l'
Ogdru Jahad repliés sur eux-mêmes dans une dimension parallèle, les symboles gravés sur le visage du
Pan, sont d'évocations de ce même motif. Le labyrinthe élimine également ceux qui ne sont pas prêts à rejoindre son coeur : dans
Le Labyrinthe de Pan, le capitaine
Vidal y trouve la mort ; et les membres du
Bloodpack de
Blade 2 se font joyeusement dégommer les uns après les autres dans les égouts labyrinthiques de la ville. Plus généralement, le dessin de ce labyrinthe renvoie aux replis complexes du cerveau humain, suggérant le lien entre ces deux dimensions parallèles que sont le physique et l'esprit.
La Main qui voit :
Elément explicite de Le
Labyrinthe de Pan (
chez le Pale Man) ainsi que de
Hellboy I et
II (
le personnage d'Abe), la figure de la «
main qui voit » est présente de façon plus déguisée dans le reste de la filmographie de
Del Toro. Cette image désigne en fait un rapport sensible au monde (
la main « touche » le monde) qui s'oppose à un rapport purement intellectuel au monde (
l'oeil voit la surface des choses). On pourrait résumer en disant que la main sent le monde tel qu'il est, alors que l'oeil voit le monde tel qu'il voudrait qu'il soit.
Del Toro se méfie d'un strict rationalisme qui réduirait le monde à ce qu'on en «
voit », et il prêche pour une vision du monde héritée de ce qu'on en «
ressent ». Quelque part, dans l'esprit du cinéaste, ce que voit le personnage d'
Ofelia dans
Le Labyrinthe de Pan est bel et bien «
réel » ; et c'est le personnage du capitaine
Vidal qui, lui, vit dans un monde complètement fantasmé.
Morts d'enfants :
«
Il y a un gros problème dans la manière avec laquelle les enfants sont traités dans les films en général, tout particulièrement aux Etats Unis. Ce sont des créatures qui sont toujours futées, intelligentes ; elles savent ce qu'elles font ; elles ont toujours une ligne de dialogue qui remet tout le monde à sa place ; elles sont belles et invulnérables. Vous pouvez leur lâcher un T-Rex aux trousses, elles s'en sortiront, résisteront à toute forme d'attaque. J'ai la sensation que cela donne aux enfants une idée fausse de leur propre mortalité. En tant qu'enfant, je préfèrerais voir un film qui me renvoie à ma mortalité plutôt que le contraire. Ca me serait beaucoup plus utile dans le monde réel plutôt que de laisser la société me dire que je suis immortel. »
L'enfance de
del'Toro, comme il l'avoue lui-même a été terrible, chargée de violence, avec l'idée omniprésente de la mort. Et pourtant, paradoxalement, elle fut aussi chargée d'émerveillement. Révolté par l'image totalement irréelle que le cinéma renvoie généralement des enfants, le cinéaste s'est chargé, dès son premier film hollywoodien, de remettre les pendules à l'heure.
Mimic débute par un cataclysme qui fait périr des milliers d'enfants, nous offrant une séquence magnifique dans un hôpital où rôde la mort. Plus tard nous sont présentés deux gamins des rues, typiques des «
smart-ass » rusés du cinéma américain. Mais ces deux petits chenapans, malgré leur attitude à la cool, serviront tout de même de hamburgers aux insectes géants à la grande stupéfaction du public de l'époque.
L'Echine du diable charrie son lot de morts d'enfants, certains actes de violence du film étant issus des mémoires du réalisateur. Enfin,
Le Labyrinthe de Pan débute par la mort d'
Ofelia, image d'agonie qui, à la vision complète du film, prendra un nouveau sens.
Foetus :
«
Quand j'étais très jeune, je croyais à l'immortalité de l'âme, je croyais au paradis, à l'au-delà, et je croyais que la chair était (con)sacrée. Mais un jour, en entrant dans une morgue, j'ai vu une pile énorme de foetus en décomposition. Et en voyant ces foetus morts, je me suis dit que... Dieu n'existait pas. Que nous étions faits de chair, et que notre essence éternelle se trouvait ailleurs. »
Del'Toro travaillait dans un hôpital lorsqu'il fut traumatisé par cette vision qui allait redéfinir toute sa spiritualité. Depuis, il a conçu plusieurs tableaux gravitant autour de cette image. Les plus évidents se trouvent dans
L'Echine du diable, avec ses multiples bocaux contenant des foetus malformés. On en trouve des échos dans la fausse couche que manque de provoquer le capitaine
Vidal dans
Le Labyrinthe de Pan, et des échos encore plus lointains dans les bocaux du
Damaskinos de
Blade 2, qui renferment ses organes de jeunesse. Mais l'image la plus directe est peut-être celle entre-aperçue dans
Cronos, lorsque
Ron Perlman, affublé d'un masque d'infirmier, porte le repas à son maître malade tout en traversant une galerie de statues d'anges sous cellophane ; des statues qui évoquent des corps sans vie pendus dans un abattoir.
Eglise / Anges :
«
Catholique un jour ; catholique toujours » reconnaît
del'Toro en rigolant. Bien qu'il se soit détourné du dogme qui lui fut inculqué violemment dans son enfance (
il est allé jusqu'à comparer son expérience avec celle du personnage de Carrie au bal du diable !) le cinéaste a conservé le sens iconographique de cette religion. Chacun de ses films est truffé d'imageries et de symboles que les plus fervents catholiques connaissent bien (
même s'il en fait une utilisation parfois hérétique). Dans
Blade 2 et dans
Hellboy 2, les bad-guys (
interprété par le même acteur) meurent de la même façon dans une allusion directe au
Christ. Les «
pères indignes » de
Nomak et d'
Hellboy sont vêtus à la façon des prêtres catholiques orthodoxes. Et c'est dans des églises (
Mimic, Hellboy), des ruines de temple (
Le Labyrinthe de Pan), des sous-sols aux allures de cathédrales (
Hellboy I et II) que s'accomplissent les naissances, les morts et les révélations.
Insectes :
«
En fait, les 30 dernières minutes de Mimic n'avaient rien à voir avec le film actuel. L'enfant autiste, par exemple, trahissait les héros, car on découvrait qu'il était plus heureux avec les cafards qu'avec les humains. Il demeurait là, avec eux. Et les insectes gagnaient ! Ce ne fut jamais filmé tel quel. »
Fasciné par les insectes,
Guillermo del'Toro possède une importante collection d'ouvrages d'entomologie. Sa fascination pour le physique de ces êtres vivants rejoint son obsession des engrenages et des machineries complexes. On pense bien sûr au
Cronos, horloge en forme d'insecte ; on pense immanquablement aux insectes géants de
Mimic, dont l'organisation sociale ultra-efficace met en péril l'espèce humaine. Mais à y regarder de près, les
Reapers de
Blade 2 ne sont pas loin d'être des insectes eux aussi, si l'on observe leur façon de grimper sur les murs ou de dévorer leurs victimes. La fascination pour cette étrange beauté des insectes trouve sa résonance dans
Le Labyrinthe de Pan, où ces créatures finissent par prendre l'apparence de fées pour répondre au désir de l'héroïne. Pour
del'Toro, les insectes, en l'état, sont déjà des fées !
Carnivore :
La Vie se nourrit de la Vie. L'oeuvre de
del'Toro se refuse à considérer de façon hypocrite ce cycle autophage et ses films donnent à contempler ce processus dans toute sa beauté et sa cruauté. Refusant de servir de «
chair fraîche », les enfants de
L'Echine du diable se transforment en chasseurs impitoyables et mettent à mort un adulte. Dans
Blade 2, les vampires deviennent les victimes d'une nouvelle espèce de vampires. Dans
Hellboy, le monde est protégé par celui qui est destiné à le détruire. Et dans
Le Labyrinthe de Pan, celui qui donne la vie à l'héroïne (
en lui offrant la mandragore pour sauver son petit frère) est aussi celui qui menace régulièrement son existence puisque le
Pan, le
Crapaud dans l'arbre et le
Pale Man sont en fait un seul et même personnage (
comment ça, vous ne le saviez pas ?), personnage qui à terme réclamera la vie d'un innocent. L'image du
Pale Man est directement inspirée de la légende de
Saturne (
le temps) dévorant ses enfants,
Saturne étant le nom romain de
Cronos, ce qui nous renvoie donc au premier film du cinéaste et à sa thématique sur le temps.
Source : DVDRama